DIAGNOSTIC

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LA BASTIDE, PATRIMOINE FONDATEUR DE CASTELNAUD

La bastide est une forme urbaine innovante produisant des

villes neuves entre le 13 ème et le 14 ème siècle (haut M-Â).
Elles répondent à un projet d’ordre politique, économique et urbain dans un contexte d’essor démographique.
En effet, elles sont fondées sur un terrain octroyé par un suzerain mais se développent sur un principe d’égalité défini par une charte des habitants qui prennent une certaine liberté par rapport au suzerain notamment au niveau juridique et fiscal. 

Par ailleurs, elles s’organisent autour d’un plan original basé sur un modèle préétabli.
Il s’agit d’un lotissement dans lequel le plan de la ville est préalablement défini et les lots délimités

avant leur commercialisation.
Des terres cultivables étaient également attachées aux lots et définissent la présence végétales au sein

ou en frange de l’urbanisation. 


Ces principes constitutifs de la bastide  se retrouvent dans la construction de Castelnaud de Gratecambe et sont lisibles à travers : la trame urbaine, le parcellaire, les espaces publics (places), les jardins, et le rapport au paysage.
Ils constituent encore aujourd’hui le témoignage visible de l’histoire et de l’évolution du lieu et participent au rayonnement patrimonial encore présent dans la mémoire collective. 
La bastide a à cet égard été mentionnée par les Castelnaudais comme un élément symbolique récurent. 

Le cadastre napoléonien en 1830. Source archives départementales.

1. Une implantation géographique logique et durable

 

La bastide produit des paysages que tous, personnes interrogées, habitants, personnes extérieures ou visiteurs s’accordent à considérer comme remarquables par leur qualité. Les multiples vues sur la bastide dont on dispose sont très appréciées, comme les paysages environnants visibles depuis la bastide et font la force majeure de Castelnaud.
Une campagne paisible et belle où il fait bon vivre, constituée de paysages sublimes qui illustrent une exploitation du territoire saine, dynamique, reposant sur un terroir et ses productions caractéristiques locales.

La situation de la bastide sur son éperon rocheux est en grande partie à l’origine de son image remarquable. Elle permet d’offrir les vues sur les paysages, surplombant les « belles combes » cultivées. D’où le nom de Castelnaud de Gratecambe signifiant « Castelnaud des belles combes ».
Mais cette situation représente avant tout une logique d’implantation en lien étroit avec le territoire, ainsi que le « génie » humain mis en œuvre par les hommes venus s’implanter en ce lieu.
En effet, la situation géographique de Castelnaud n’est ni le fruit du hasard ni la seule volonté de vive dans un cadre exceptionnel, mais la volonté de s’implanter durablement sur un territoire.

La stabilité du support des fondations et la préservation des terres agricoles

La carte géologique ci-dessous montre la logique de l’implantation des constructions sur les buttes repères coiffées de calcaire blanc à silex. Il s’agissait de disposer d’un socle stable pour installer les fondations des constructions et de préserver les terres agricoles de qualité (molasses et argiles sableuses) pour les cultures. Le hameau de Cailladelles est également implanté dans cette logique.

De l'eau à proximité

La situation de la bastide sur l’éperon calcaire permet également de pouvoir disposer de la ressource en eau contenue dans le sous-sol.

Comme l’indiquent les nombreuses combes et leurs ruisseaux, le territoire est largement pourvu en eau. La présence de plusieurs puits dans la bastide en est l’illustration.

Côté exposé au nord : végétation libre, essence pionnières colonisatrices (ailanthes, robiniers)
> vues obstruées

sur le paysage

Côté exposé au sud : jardins exploités ou en friche, végétation basse
> vues ouvertes

sur le paysage,

parfois obstruées

Les matériaux de construction locaux

Si l’emplacement de la bastide a été choisi pour la stabilité des fondations, la nature du sous-sol (calcaire blanc à silex et grès) se retrouve également dans les matériaux de construction. Les maisons sont construites en pierre laissée apparente ou crépie pour les murs et le grès est utilisé pour les encadrements des huisseries. Les tuiles canal sont également une production locale (régionale) caractéristique, les poches d’argile du sous-sol étant nombreuses le long de la vallée de la Garonne ou du Lot.

2. La relation privilégiée de la bastide au paysage

 
Les paysages, éléments fondateurs de l’aménagement de la bastide

Un des fondements d’une bastide est sa relation avec l’extérieur. Comme le montre le plan cadastral originel, la bastide est conçue de manière à profiter d’un grand nombre d’ouvertures sur le territoire et de traversées visuelles ou physiques. Pouvoir traverser la bastide d’est en ouest ou du sud au nord est un critère d’aménagement très important.

Schéma de principe des traversées de la bastide.

Plan cadastral original (source cadastre napoléonien).

Interprétation illustrant le rapport à l’extérieur de la bastide, ses ouvertures et ses traversées.

Plan cadastral actuel (source CDC).

Évolution du rapport à l’extérieur de la bastide, ses ouvertures et ses traversées.

Évolutions

Les évolutions progressives de la bastide, dans un souci d’accueil de populations, ont largement densifié les espaces bâtis au dépens des espaces ouverts sur l’extérieur. Le développement de la végétation sur la frange nord a également participé à l’obstruction des vues. Les fenêtres sur les paysages sont moins nombreuses et plus étroites, les traversées visuelles n’existent plus et les traversées physiques sont réduites, de même que les quelques lieux potentiels d’observation dégradés.
Cette évolution a été vivement dénoncée par les personnes interrogées, toutes demandeuses de plus d’ouverture et de vues sur les paysages environnants, qui font la force de Castelnaud.

En effet, les paysages environnants sont d’une grande qualité, comme toutes les personnes interrogées s’accordent à le dire. Si la bastide a été construite pour profiter pleinement des vues sur les paysages, le développement des constructions a favorisé l’obstruction des points de vues remarquables.

Les points de vues et les espaces publics attenants sont également perçus comme dévalorisés et n’exploitant pas leur potentiel d’attractivité.

La plupart des personnes interrogées ont souligné la qualité paysagère qui fait la force de Castelnaud, particulièrement pour les limites contenues de son urbanisation, protégée par l’écrin boisé qui couronne le bourg. Une valeur favorisant sa fréquentation touristique. 

Les éléments jardinés ou cultivés entités constitutives de la bastide

À une échelle plus réduite, plus intime, le rapport au paysage se mesure aussi par les espaces ouverts et jardinés de l’intérieur de la bastide. La densité des constructions est un principe de base qui permet de disposer d’espaces ouverts supplémentaires. Autrefois, chaque construction était associée à un espace ouvert en pleine terre, la plupart du temps utilisé comme jardin potager, les « cazals ». La bastide disposait alors d’une ceinture de jardins, plus importante au nord qu’au sud.
Le paysage ainsi créé est encore perceptible aujourd’hui et constitue un singularité particulièrement qualitative à Castelnaud de Gratecambe.
Sur la frange sud, la topographie ne permettant pas de fournir à tous un jardin dans l’enceinte de la bastide, des parcelles créées sur le glacis sont associées aux parcelles construites.

Évolutions

La densification a atténué la présence végétale au sein de la bastide laissant place à un univers fortement minéral.
La frange Nord de jardin a également été largement envahie par des constructions tout particulièrement autour de l’église. La lisière boisée non entretenue laisse place à des espèces invasives qui bouchent les perspectives sur le paysage. 
Au sud, la proportion de jardins est restée relativement stable mais le glacis végétal est aujourd’hui largement délaissé.

Les jardins et le glacis participent à la qualité des vues sur la bastide, tant par leur dimension esthétique que par la qualité de vie des habitants qu’elle illustre. Les personnes interrogées expriment cet atout et le potentiel existant de manière unanime. Cependant, comme certains le soulignent également, la limite de la bastide apparaît parfois dégradée par l’accumulation d’éléments bricolés ou de murs en parpaings produisant un ensemble hétérogène peu qualitatif.

Les jardins du glacis représentent une forte plus-value potentielle, en terme d’esthétique et de qualité de vie des habitants.

LA RELATION AU PAYSAGE - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

+

- L’écrin paysager de la bastide, non urbanisé, sans zones artisanales ni lotissement, à préserver car il fait la force de Castelnaud de Gratecambe (profite également aux autres points de vue comme le cimetière)
- Les vues sur le paysage, au nord, au sud et le panorama derrière l’église
- Les parcours de randonnées et les promenades à proximité du bourg
- Les jardins du glacis, bien qu’ils méritent d’être étendus
- Les vues sur la bastide depuis l’extérieur (N21, routes secondaires au sud)

Problématiques / Faiblesses

-

- Les friches, qui participent à l’image dégradée du paysage de la bastide

- La fermeture de la bastide, qui ne profite pas suffisamment des vues sur les paysages

- Le contraste entre la bastide et le reste du bourg, dévalorisant l’image de Castelnaud dans sa globalité

 

3. Les espaces publics et la permanence de la trame urbaine

Le fonctionnement de la bastide : du cœur du bourg au simple lieu de passage

La trame urbaine de la bastide constitue un élément patrimonial remarquable dont le plan, préalablement établi au moment de sa conception, repose sur un principe de tracé orthogonal adapté à la topographie du site. Sur le principe, le tracé d’une bastide est strictement orthogonal.

À Castelnaud de Gratecambe, le plan déroge partiellement au système en étant plus large au niveau de l’actuelle RN 21 et plus étroit vers l’église, se modelant à la forme du promontoire rocheux. 

La trame

De façon générale, le plan d’une bastide s’organise autour de la place centrale, tangente aux voies principales. Les îlots s’organisent autour d’elle et sont  délimités par le quadrillage traditionnellement orthogonal des rues organisées selon un schéma établi :

• Les rues principales ou charretières « carreyras ».  Elles sont longitudinales (rue Jacques Aussel et rue Emile Delbrel).

Leur emprise de 6m en moyenne comporte des élargissements ponctuels. Elles délimitent les îlots.   

 

• Les rues secondaires sont légèrement plus étroites (5,5m). 

 

• Les venelles « carreyroux » destinés aux piétons divisent les îlots (1,5m à 3m).

 

• Les « andronnes », espaces entre deux maisons mitoyennes. Ils sont peu présents à Castelnaud de Gratecambe mais ont toute leur importance par le lien qu’ils constituent avec l’extérieur de la bastide.

La trame urbaine a très peu évolué. Seul un Carreyrou à été comblé par une construction sur l’îlot central.

L’église a été agrandie et diminue l’emprise de la place de l’église. 

Ce constat témoigne de l’adaptabilité de cette forme urbaine qui a résisté aux modifications des modes de vie.

Évolution de la trame urbaine entre 1830 et aujourd’hui.

La Connexion à la RN 21

La trame viaire est connectée aux routes existantes à l’est, à l’ouest et au sud. L’entrée ouest constitue l’entrée principale de la bastide, reliée à l’axe de circulation RN 21 par les deux rues. L’agrandissement du bourg par la création des lotissements de l’autre côté de la RN 21 a considérablement transformé le fonctionnement de Castelnaud et par conséquent celui de la bastide.


L’espace de transition constitué par la place de la mairie et le recul de la bastide par rapport à la RN 21 est devenu le carrefour principal de Castelnaud, mais n’a jamais connu de traitement le considérant de cette manière. Aujourd’hui, cet espace ne joue pas le rôle de place centrale de Castelnaud qui devrait lui être attribué. Outre le déficit de sécurisation de la traversée, la mise aux normes de la RN 21 a compartimenté l’espace en créant différents sous-espaces, dont celui de l’entrée de la bastide qui accueille aujourd’hui poubelles et voitures, le dévalorisant totalement.

 

De plus, la limite créée par la RN 21 représente également une limite sociale très symbolique, éloignant d’autant plus les habitants des lotissements et ceux de la bastide.

Pour beaucoup, l’aménagement de cet espace est un facteur important dans la perte du dynamisme du bourg. Effectivement, la visibilité de la bastide participe à son attractivité. L’aménagement du carrefour de la RN 21 est donc fortement mis en cause. Il est coupé en deux par la RN, ne favorise pas l’arrêt ou l’accès à la bastide et son image est très peu qualitative : partie bastide en contrebas de la route, entièrement bitumée, lieu de stockage des poubelles ou parking rempli de voitures. La bastide en est largement occultée, à peine visible et sans accroche attractive.


L’accès à la Mairie, répondant au manque de sécurisation lié à la RN21 est également révélateur du problème d’aménagement de cet espace, obligeant les personnes voulant s’y rendre à passer par l’arrière pour trouver la porte.

Les lieux symboliques

Les lieux symboliques de Castelnaud de Gratecambe.

La place centrale

Le plan de la bastide comporte deux axes majeurs parallèles, rue Jacques Aussel et rue Emile Delbrel, qui dessinent un îlot central laissé libre.  La place constitue un espace structurant (30m x 20m) au même titre qu’un îlot, comme celle de l’église. Cette configuration a l’avantage de dégager cet espace public de la contrainte de la circulation qui peut se tenir en périphérie. Les 2 places et les rues constituent ainsi la structure de la bastide « par le vide », montrant l’importance des espaces ouverts dans le fonctionnement des lieux.

Également nommée « place du puits », elle a conservé toute son importance symbolique puisqu’elle constitue un des lieux les plus cités par les personnes interrogées, qui y projettent un certain affect. Elle rassemble de nombreux souvenirs heureux des habitants, nostalgiques de l’époque où elle tenait une position centrale à Castelnaud de Gratecambe, d’où le nom encore employé de place « centrale ».
La place est perçue comme symbolique essentiellement pour l’activité qu’elle générait, socioculturelle et économique. La plupart ont évoqué la boulangerie, qui permettait aux habitants de se retrouver et de partager quelques moments autour du puits, au fond duquel repose une partie de la mémoire castelnaudaise. L’activité générée par l’ancien entrepôt situé à l’angle nord-ouest de la place faisait aussi partie des moteurs de l’activité de la bastide et de la place. Son caractère polyvalent participe à la perception d’un lieu potentiellement attractif.


La valeur patrimoniale de la place est également soulignée pour la qualité architecturale de certains éléments, comme certaines habitations, la halle ou le puits.

Cependant, certains évoquent avec nostalgie cette époque révolue et que la place « n’est plus ce qu’elle était... », devenue aujourd’hui un simple parking, dont les pavés de la halle sont dégradés

par les tâches d’huile des moteurs des voitures.

La bastide

Si la bastide est présentée comme le symbole le plus fort de la commune de Castelnaud, notamment par les vues qui la mettent en valeur depuis le sud et l’est, elle est systématiquement évoquée avec certains regrets, avec la nostalgie de l’époque où elle fonctionnait de manière dynamique. Mais finalement le dynamisme passé de la commune est souligné, autant que son aspect.


De manière globale, la bastide est caractérisée par un certain nombre de points de vue négatifs et de problématiques de fonctionnement, de valorisation, etc portant davantage sur certains éléments qui la composent. En effet, la majorité des représentations négatives de la bastide se focalise sur la qualité architecturale et l’état d’entretien des bâtiments. Bien que certaines maisons soient bien entretenues et récemment rénovées, la plupart des constructions sont indiquées comme délabrées, peu avenantes, allant parfois jusqu’à donner une impression de ville « fantôme ». L’essentiel des regards se portent sur l’îlot central, qui donne un sentiment d’insalubrité, d’austérité et parfois d’oppression, paraissant hors d’échelle lorsque l’on se situe dans la rue Emile Delbrel. 

Le cimetière, le terrain de tennis et les promenades qui y mènent

Paradoxalement, le cimetière est aujourd’hui un des lieux les plus fréquentés de Castelnaud. Toutes les générations s’y rencontrent, des personnes âgées aux jeunes enfants, puisqu’il est proche de l’école et rythme la promenade des parents et de leurs enfants sortant de l’école.
Un des points les plus hauts de la commune, il est également un lieu privilégié des castelnaudais pour la vue à 360° (ou presque) qu’il offre sur les paysages.


Sa fréquentation révèle ainsi le grand attrait des habitants pour les paysages environnants et la volonté de faire profiter les enfants d’un lieu ouvert, calme et protégé, au milieu de la « nature ».

Le terrain de tennis est une destination fréquente des promenades castelnaudaises pour les mêmes raisons que le cimetière, c’est-à-dire son emplacement et la vue panoramique et lointaine qu’il offre.
En revanche, à l’unanimité, les personnes interrogées soulignent avec regret sa dégradation et le symbole du manque d’activité à destination des jeunes qu’il représente.

Le cimetière

Le commerce multiservice

Dernier bastion de l’activité du village, le commerce multiservice voit sa valeur patrimoniale grimper depuis quelques temps. Il joue aujourd’hui le rôle de l’ancienne boulangerie de la bastide, lieu de rassemblement des d’une partie des habitants  et moteur d’activités de loisirs du village, comme les concerts, les soirées et le nouveau marché.
Il représente le phénomène de déplacement des polarités de nombreuses villes et villages français, ne trouvant plus ni la fréquentation ni la place et les aménagements nécessaires aux nouvelles pratiques des habitants dans les centres anciens, comme le stationnement.


Autrement dit, la centralité du village s’est déplacée du cœur de la bastide vers sa périphérie.
Cela dit, certaines personnes interrogées indiquent ne pas ou ne plus fréquenter le commerce, non pas pour des raisons matérielles, mais essentiellement pour la difficulté d’intégration sociale ressentie. En effet, le commerce est le lieu fréquenté majoritairement par les natifs de Castelnaud qui constituent un groupe d’amis de longue date.

Le lavoir

Chargé de valeur affective par les habitants du bourg l’ayant connu, le lavoir constitue un des maillons de la représentation symbolique de Castelnaud. Comme la place centrale de la bastide et son puits, les habitants interrogés évoquent les souvenirs qui les rattachent au lavoir, lieu d’une activité passée les réunissant.
Sa dimension symbolique lui est également conférée par la valeur architecturale patrimoniale, bien qu’aujourd’hui il ait complètement disparu des paysages de Castelnaud, entièrement enfoui sous la végétation.

Les circulations et le stationnement

Les avis livrés sur les espaces publics ne présentent que quelques points positifs, principalement sur la question de la circulation. En effet, il s’agit du seul point positif concernant la RN 21 qui facilite l’accès au bourg et à la bastide pour les visiteurs, notamment pour les services scolaires crèche et école qui accueillent des élèves des communes voisines et les éventuellement pour le commerce.

La bastide est également un lieu de passage nécessaire pour certains agriculteurs.

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Mais l’atout de l’accessibilité par la RN 21 renvoit à la difficulté à s’arrêter, soit le long de la RN pour profiter du commerce (le stationnement est saturé par un ou deux poids lourds), soit sur la place de l’église pendant la sortie des classes, dont le stationnement est anarchique, ne donnant à la place qu’un rôle de parking. Les personnes évoquant la qualité des espaces publics indiquent systématiquement cette problématique.

Concernant les piétons, la problématique vient avant tout de la sécurité, tant dans la bastide où les trottoirs sont trop étroits et vétustes que pour la traversée de la RN 21 qui n’est pas aménagée, trop dangereuse et manque de visibilité, comme la plupart des personnes interrogées le pointent du doigt.

Toutefois les gabarits permettent de repenser leur profil pour que chaque usager y trouve sa place.

La RN 21 a une emprise de 12 m. Elle constitue une fracture mais son emprise de chaussée reste contrainte par le passage des PL. Son traitement ne permet pas de signifier la traversée du centre bourg et n’engage pas au ralentissement des véhicules. 

Les rues Emile Delbrel  et Jacques Aussel sont à double sens. La rue Jacques Aussel accueil le passage des engins agricoles La rue Emile Delbrel accueille les voitures en stationnement longitudinal. 
Les emprises sont insuffisantes pour ces usages, la taille des trottoirs est trop étroite.

L’accessibilité handicapée n’est pas assurée. 

À l’image de la venelle menant aux jardins du glacis (photo ci-dessus), les espaces publics conduisant aux points de vue sur l’extérieur sont totalement dévalorisés : absence de revêtement de sol, de végétalisation, si ce n’est celle qui obstrue les vues, de mobilier, de signalisation et de points de repère.

Espaces publics dégradés ou dévalorisés permettant un point de vue sur les paysages.

Le désintérêt pour la végétation au profit d’un espace public minéral

L’aspect très minéral, manquant de convivialité, de couleur et d’espaces végétalisés joue un rôle prépondérant dans le déficit d’attractivité de la bastide.
En effet, que ce soit pour le cadre de vie quotidien des habitants ou pour celui des visiteurs, le manque de végétalisation des espaces publics participe à l’image d’un Castelnaud « belle endormie ».

Parmi les personnes interrogées, beaucoup souhaiteraient voir plus de « nature », ne serait-ce que par l’ouverture sur l’extérieur, ou encore d’équipements destinés aux jeunes et aux enfants, comme des jeux. Finalement, la bastide est très peu fréquentée pour le loisir ou la promenade, si ce n’est pour la traverser pour se rendre au belvédère du cimetière.
De même, la végétalisation trop absente ne peut pas non plus jouer son rôle de marqueur, participant à la perte de repère visuels pour souligner les entrées dans le bourg, dans la bastide ou encore les lieux d’observation des paysages.

Lieux dégradés, végétal à caractère patrimonial non valorisé (ici la vigne centenaire à l’angle de la maison, seul vestige de la végétation présente dans la bastide).

LES ESPACES PUBLICS - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

+

Circulations
- L’accessibilité du bourg par la RN 21 pour les usagers (dont les visiteurs)
- L’accessibilité des terres cultivées en passant par la bastide (rue Jacques Aussel)
- L’accessibilité de la crèche et de l’école, pour les habitants de la commune et des communes voisines

Cadre de vie / Végétalisation
- Enfouissement des lignes électriques

Problématiques / Faiblesses

-

Circulations
- Sécurité des cheminements dans bastide (pas de trottoirs) et de la traversée de la RN21 (non aménagée, vitesse, visibilité)
- Circulation dangereuse rue Emile Delbrel  (double sens + stationnement)
- Stationnement le long de la RN21
- Limite marquée par la RN 21 qui divise le bourg en deux

 

Fonctionnement
- Place de l’église : fonction de parking aux horaires

des entrées et sorties de l’école et de la crèche
- Place de la mairie : aménagement peu qualitatif, sans repère visuel

> peu d’arrêts à Castelnaud malgré le trafic routier
- Bastide occultée, dévalorisée par le carrefour routier, pas d’accroche visuelle
- Traversée de la bastide par les engins agricoles rue Jacques Aussel

 

Cadre de vie / Végétalisation
- Manque de valorisation des espaces publics (traitement de sol, végétalisation, cheminements)
- Manque d’espaces végétalisés, végétalisation de la bastide quasi inexistante
- Manque de jeux pour les enfants
- Manque d’espace de rencontre et de convivialité 
- Aménagement global de Castelnaud trop minéral, manque de repères visuels, de fleurissement

4. Le potentiel d’adaptation des constructions

 
Les caractéristiques architecturales et les morphologies urbaines
La densité

La densité de construction est un critère d’évaluation de la durabilité d’un aménagement. Les principes fondateurs des bastides intègrent totalement ce critère. Les bastides sont construites sur un modèle urbain dense pour de multiples raisons : préserver les terres agricoles, faciliter le chauffage des maisons en hiver, maintenir une température basse en été,  favoriser le commerce au sein de la bastide, profiter d’espaces publics confortables et pouvoir maîtriser les entrées et sorties de la bastide, etc.
Ce principe vertueux apparaît aujourd’hui en décalage avec la demande sociale dont le critère principal devient l’espace et l’intimité, un confort de vie accru. À Castelnaud, la densité est perçue comme une problématique menant à un type d’habitat qui n’est plus souhaité. Cela dit, la capacité d’accueil de la bastide reste un potentiel que la plupart des personnes interrogées considèrent positivement sans savoir comment le concrétiser.


La pierre locale

Comme énoncé précédemment, l’architecture des constructions illustre le lien au territoire par l’utilisation de matériaux de constructions locaux. Le socle géologique se retrouve donc dans l’aspect du bâti :

pierres en calcaire, silex ou grès, tuiles en argile.
Il est intéressant de relever la symbolique de l’utilisation de l’enduit béton sur la pierre locale et renvoie à l’affaiblissement des liens au territoire du bourg de Castelnaud.


Le patrimoine architectural 

Il est constitué par l’église, les arcades, les puits, la maison à pans de bois (aujourd’hui très endommagée), le lavoir.


Le patrimoine vernaculaire

Le patrimoine vernaculaire est majoritaire sur la bastide.
A Castelnaud, le patrimoine architectural vernaculaire correspond à la construction locale qui met en œuvre les matériaux et de savoirs faire locaux. Ceci explique une certaine unité que l’on peut encore lire malgré les interventions sur les bâtiments qui tendent à masquer cette unité qui pourrait être révélée par

une intervention de réfection des façades.

Les arcades, propriété communale et symbole du patrimoine architectural castelnaudais encore existant.

Bien que pourvue d’une architecturale caractéristique locale de qualité, parfois parfaitement rénovée, en ce qui concerne certaines constructions, la bastide dispose d’une image dégradée aux bâtisses « délabrées ». Cette représentation négative prend le dessus parmi les personnes interrogées, ne voyant plus que les constructions en mauvais état. En effet, le manque d’activité amplifie sans doute l’image dégradée que renvoie la bastide aujourd’hui.

Mais au-delà d’une question esthétique et patrimoniale, l’architecture de la plupart des bâtiments de la bastide reste peu adaptée aux pratiques d’habitat actuelles, constituant un frein à l’installation des jeunes populations demandeuses d’un habitat fonctionnel, pratique et proposant un espace extérieur.

Caractéristiques architecturales communes

- Typologie commune aux habitations de la bastide qui se déclinent avec deux traitements de façade différenciés.
- Majorité de maisons construites en moellons de pierre avec un harpage des ouvertures en pierre.
- Enduit bicolore pour marquer les encadrements de fenêtres sur certaines maisons.
- Soulignement de la couverture par une génoise en tuiles pour éviter le ruissellement sur la façade. 
- Couverture en tuiles canal traditionnelles.

Les bâtiments de la bastide ont pour beaucoup été enduits avec du ciment, masquant leurs caractéristiques et produisant un effet de banalisation architecturale :

Rue Emile Delbrel

La densification au fil du temps

Les îlots des bastides sont théoriquement de superficie identique et la dimension des parcelles (ayrals) est définie selon un tracé régulier. Ce n’est pas le cas à Castelnaud où la topographie a contraint les limites physiques de la bastide, impliquant des implantations qui dérogent aux règles strictes des constructions traditionnelles.


Toutefois nous pouvons relever des caractéristiques communes aux bastides notamment à travers :

• Un parcellaire étroit qui induit des constructions en mitoyenneté et génèrent une densité importante. Les parcelles courantes  de l’ordre de 5 à 6m de largeur de façade rythment la rue et forment des îlots caractéristiques. 
Certaines parcelles sont plus larges laissant supposer un regroupement ou l’implantation d’activités artisanales ou industrielles. D’autres plus étroites (3 m) abritent aujourd’hui des garages.

• Des îlots typiques constitués de deux façades construites en alignement sur la rue. C’est la cas ici pour l’îlot central, bâti sur des parcelles d’environ 12 m de profondeur, traversantes pour la majorité. 
Les îlots qui donnent sur les franges Nord et Sud,  d’une vingtaine de mètres de profondeur, échappent à cette règle puisqu’ils s’ouvrent  à l’arrière sur les jardins.

• Des règles d’implantation expliquent l’unité lisible de la bastide malgré ses évolutions successives. En effet, les règles d’alignement des façades sur la rue et la présence d’un étage garantissent l’unité globale.

Occupation bâtie et division parcellaire en 1830.

Occupation bâtie et division parcellaire actuelles.

Au fil du temps la trame est restée lisible mais la bastide s’est densifiée notamment en raison de l’essor industriel qu’elle a connu avec l’expansion liée à la culture du pruneau. 
Les parcellaires se sont regroupées pour s’agrandir afin de développer des bâtiments plus grands et plus adaptés aux besoins (habitat, usines). 
Ces évolutions successives ont conduit à refermer la bastide sur elle même altérant son rapport au paysage et le cadre de vie des habitants.

Le développement résidentiel par les lotissements

Carte géologique montrant l’implantation de Castelnaud sur l’éperon calcaire. Source BRGM, carte géologique interprétée.

L’extension du bourg de Castelnaud par les deux lotissements a tenu compte de la logique d’implantation sur le socle calcaire garantissant la stabilité et préservant les terres agricoles de qualité.


Mais comme le montrent les schémas ci-dessous, la logique de densité s’est perdue en construisant des maisons individuelles implantées au milieu de leurs parcelles, sans alignement des façades et utilisant des matériaux non locaux. La transversalité des circulations a également disparue, demandant aux usagers d’entrer et sortir au même endroit, réduisant la fonction de l’habitat à la résidence,

sans permettre le développement d’activités dynamiques.

Plan cadastral du lotissement sud.

Plan cadastral de la bastide.

La liaison lotissement / bastide non traitée

L’implantation des lotissements a également conduit à créer une limite sociale entre les habitants de la bastide et les autres, comme beaucoup l’ont exprimé. Le défaut d’aménagement participe et favorise cette limite, renforçant le sentiment d’insécurité lié à la traversée de la RN 21.

 

Au-delà de la question de la sécurité, la création nécessaire d’un espace central, un véritable centre-bourg réunissant la bastide et les lotissements n’a pas été prise en compte dans le développement de Castelnaud. En effet, rien n’est conçu pour accrocher le regard des usagers de la RN et les retenir à Castelnaud.

Le développement résidentiel par l'industrie

Castelnaud a connu son époque de grand dynamisme avec le développement de l’activité industrielle de l’usine Laparre de conserverie et transformation fruitière.
Du point de vue de son implantation, la création de l’usine respecte la logique territoriale de la construction sur le socle calcaire. Son activité illustre également le lien au territoire par l’exploitation de productions locales caractéristiques (pruneau et autres fruits).

En revanche, la création de l’usine a produit certaines problématiques, de manière générale liées au modèle économique plus qu’à son aménagement. Cependant, l’aménagement de la bastide en a subi les conséquences par la densification du bâti et l’affaiblissement de ses caractéristiques (transversalité des circulations, ouverture sur l’extérieur, aération du cadre de vie, etc.).
En effet, l’apparition de l’usine a favorisé la disparition de l’artisanat local et produit une domination économique et spatiale privé d’une seule personne, perturbant l’équilibre social de Castelnaud.

Capacité d’accueil et logement de nouveaux habitants

Les différentes phases de construction du lotissement ont saturé le plateau principal de la commune, ne laissant que très peu de possibilités d’évolution. Si le PLU préconise quelques extensions en dehors du bourg, dans la continuité des hameaux ou dans le domaine du golf, il existe un potentiel de densification de l’habitat dans les enveloppes bâties existantes. Le lotissement dispose encore de quelques emplacements à optimiser, mais le plus fort potentiel d’accueil semble être celui de la bastide.

Il paraît indispensable d’accompagner son réinvestissement avant d’envisager d’autres solutions d’accueil de nouveaux habitants, nécessaire pour maintenir les services du bourg (crèche, école).

 


L’autre lieu potentiel de reconversion, cité comme une possibilité satisfaisante par certains, est l’ancienne usine Laparre qui dispose d’une surface considérable et pourrait permettre des solutions efficaces et innovantes pour du logement ou des activités mixtes.

LE BÂTI - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

+

L’occupation / La vacance
- Présence d’un grand nombre de biens en liquidation : opportunité de préemption et de maîtrise foncière publique


Le logement
- Potentiel de reconversion des bâtiments de la bastide
- Potentiel foncier de l’usine Laparre 
- Potentiel de logement dans le lotissement


La qualité architecturale
- Certaines habitations de la bastide à l’architecture caractéristique locale (pierre apparente, crépi peint, etc.)
- La halle (arcades)
- La maison à colombage à proximité de la place de l’église
- Le moulin (place de l’église)

Problématiques / Faiblesses

-

L’occupation
- Vacance d’un grand nombre de bâtiments
- Propriété foncière échappant à la collectivité : un seul propriétaire dominant

 

Le logement
- Nécessité d’accueil de nouveaux habitants pour maintenir les services (crèche, école)
- Projet de lotissement sous la bastide
- Manque de logements locatifs et sociaux

 

La qualité architecturale
- Entretien des bâtiments, aspect dégradé des façades, sentiment de ville «fantôme»
- Architecture en décalage avec les besoins actuels des habitants (espace, lumière, énergie, stationnement, etc.)

5. Le fort taux de vacance, un potentiel reconversion remarquable

 

Le passé artisanal explique en partie le fort taux de vacance de la bastide. Disposant autrefois d’un ensemble de services nécessaires sur son lieu d’habitation, la bastide l’a vu peu à peu disparaître sans être remplacé. L’évolution des pratiques professionnelles et d’habitat ont provoqué cette dynamique de désertification des centre-bourg à l’échelle nationale, entraînant à son tour la baisse de la démographie.

D’autre part, beaucoup ont mis en lumière la problématique de la propriété foncière qui échappe à la collectivité, une grande partie de la bastide n’appartenant qu’à un seul propriétaire. Cependant la liquidation des biens représente une opportunité de préemption et de retour à une maîtrise foncière publique.

Les propriétés foncières et l’état du bâti

L’état des propriétés foncières est aujourd’hui un point clé dans la reconversion de la bastide. 
En effet, la vacance provoquée par la baisse d’activité économique et par la manque d’attractivité de la bastide est une question fondamentale pour envisager sa re-dynamisation. 
Son habitat inadapté et en mauvais état mais également le blocage du foncier sont extrêmement paralysants. 

 

L’EDL de l’état du bâti et des propriétés foncières foncier montre que : 

 

• La majorité des façades délabrées correspondent à des bâtiments vacants. 
• Certaines habitions occupées sont peu entretenues par les propriétaires.

 

La famille Laparre détient une grande partie des biens vacants en indivision ou en liquidation. 
Quelques propriétés sont en vente mais ne trouvent pas d’acquéreurs à ce jour soit car leur état demande des travaux de restauration coûteux compte tenu du prix d’acquisition.
Soit parce que faute d’accord entre les propriétaires indivis, la vente de quelques biens est bloqué.
Notons toutefois que la majorité des bâtiments vacants sont liés à la liquidation Laparre ou appartiennent à M. Laparre qui ne souhaite pas vendre actuellement. 
 

Propriétés foncières et état du bâti.

Occupation bâtie

Les propriétés bâties sont principalement des habitations.
Une proportion non négligeable d’anciennes usines ou activités artisanales offre des bâtiments qui disposent d’un potentiel de reconversion intéressant de part leur volumétrie et leur emplacement.


Enfin, des garages sur rue permettent aux habitants de palier partiellement à la problématique du stationnement mais ne valorisent pas les façades. 

Occupation bâtie.

6. Les services moteurs du dynamisme

 
Le dynamisme passé

La bastide a vu une expansion importante au cours du 20 ème siècle. Le dynamisme lié aux usines Laparre a créé une activité économique et par conséquent l’attractivité de Castelnaud. 
L’usine s’est implantée dans un premier temps dans la bastide pour ensuite migrer à l’extérieur de la bastide. Cette expansion a été accompagnée par l’implantation de nombreux commerces et services au sein de la bastide qui était très vivante jusqu’à la seconde moitié du vingtième siècle comme en témoignent les habitants. A cette période, la bastide a connu un développement important provoquant une certaine nostalgie du temps passé. 

Le déclin de l’usine a provoqué une baisse de l’activité économique laissant des friches industrielles importantes.
La bastide c’est ensuite vidée de ses habitants et de ses commerces.
Parallèlement à la désertification de la bastide, un lotissement a été créé de l’autre côté de la RN 21 en proposant un habitat en accord avec les besoins des habitants qui concurrence l’investissent de la bastide.
Les abords de la RN 21 se sont développés et forment un pôle qui accueille la mairie et le commerce multiservice à la charnière entre le bastide et le lotissement.

Les équipements publics (crèche, école, sport)

Les équipements scolaires, l’école et la crèche, sont un des points forts de Castelnaud. Ils permettent de fixer les habitants dans le bourg, d’attirer les habitants des communes voisines et d’apporter de l’animation et de l’activité dans la bastide. Situés sur les bords du promontoire rocheux, ils profitent chacun de vues imprenables sur le paysage.

 

Mais également situés aux entrées de la bastide, ils sont générateurs de problématiques de circulation et d’utilisation des espaces publics aux heures d’entrée et de sortie des classes. Les parents, pour la plupart et notamment les habitants d’autres communes récupèrent leurs enfants en voiture et stationnent au plus près, sur la place de l’église, à l’entrée de la bastide ou sur la place au puits de la bastide. La perception du danger des circulations pour les piétons favorise la volonté des parents de récupérer leurs enfants au plus près de l’école ou de la crèche, créant également certains conflits d’usage : voitures / piétons et parfois voitures / engins agricoles, lorsqu’ils doivent passer par la bastide.

 

Quant aux équipements sportifs, seul le terrain de tennis focalise l’attention des habitants par son manque de valorisation et l’image peu attentive vis à vis des jeunes générations qu’elle renvoie, associée au manque d’association ou de club sportif.

 

Par conséquent, les entretiens ont révélé un manque de lieu de sociabilisation intergénérationnel ouvert à tous, jeunes et moins jeunes, habitants du lotissement et de la bastide, du bourg de Castelnaud et du hameau de Cailladelles, etc.

Le commerce (marché, épicerie)

Le commerce multiservice est perçu par les personnes interrogées comme salvateur. S’il joue sa fonction de multiservice, c’est qu’il propose une offre commerciale, culturelle et sociale. Il permet de capter les visiteurs par son offre de restauration, met en place des activités attractives pour les habitants des communes voisines (concerts, soirées, etc.) et représente aujourd’hui le lieu de rassemblement des castelnaudais, au-delà des activités associatives.
Le commerce multiservice est également à l’origine de l’implantation du marché le long de la RN21, autre moteur de la vie économique et sociale de Castelnaud.

 

Cela dit, nombreux sont ceux qui modèrent leur discours, constatant le manque d’un lieu de rassemblement et d’activités tournées vers les jeunes, voire un lieu qui permettent de rassembler jeunes et moins jeunes, comme évoqué ci-dessus.

 

D’autre part, les entretiens ont également révélé le caractère exogène de l’activité économique : la plupart des castelnaudais fonctionnent avec les communes voisines, notamment pour les courses alimentaires ou les loisirs. C’est le cas des habitants du nord de la commune, de Cailladelles et des hameaux ou fermes voisines, c’est-à-dire plus ou moins au-delà du ruisseau de Pétrencat (limite fictive à relativiser), dont les zones de chalandises et de loisirs sont Monflanquin, Beauregard, etc. Tandis que les habitants du reste de la commune, notamment du bourg fonctionnent avec Cancon ou Villeneuve sur Lot.
L’étalement des zones de chalandises indique également une des limites du commerce multiservice. Parmi les personnes interrogées, certaines regrettent l’approvisionnement partiel de l’épicerie ne permettant pas de subvenir à certains besoins de base que l’on trouve régulièrement dans les commerces multiservice de campagne.

Tourisme et agriculture

L’agriculture constitue également un des autres points forts de Castelnaud, par son dynamisme économique et les paysages qu’elle crée et dont bénéficie la bastide, bien qu’elle ne le mette pas à profit.
Le renouvellement des exploitants par de jeunes agriculteurs confirme la force de l’activité mais semble sous-exploitée pour d’autres domaines que le domaine strictement économique.
Par exemple, les agriculteurs interrogés mettent en lumière le potentiel agritouristique de la commune, disposant d’une variété de cultures et d’élevages propice au développement touristique. Le nombre important de visiteurs et randonneurs, ainsi que les quelques gîtes ouverts sur la commune abonde en ce sens.

SERVICES ET ÉQUIPEMENTS - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

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- Les équipements scolaires : l’école et la crèche


- Le commerce multiservice


- Le dynamisme de l’agriculture et le renouvellement des exploitants par des jeunes


- Tourisme : vente à la ferme (trop peu développée), gîtes


- Implantation récente du cabinet d’infirmière

Problématiques / Faiblesses

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- Le peu de commerces dans la commune


- La disparition de la boulangerie dans la bastide


- La localisation trop limitée des marchés (RN et halle de la bastide)


- Le terrain de tennis peu valorisé


- Le manque d’activités, particulièrement à destination des jeunes


- L’absence de lieu de sociabilisation et d’intergénération
 

- Le fonctionnement de la population avec les territoires environnants (zones de chalandises et de loisirs : Cancon, Beauregard, Villeneuve)

7. La vie sociale

 
Le tissu associatif

Le tissu associatif existant est perçu comme foisonnant,  dynamique et vecteur de lien social, Castelnaud disposant d’un grand nombre d’associations. Cependant certains font le reproche d’être essentiellement tourné vers les générations âgées, aux dépends des activités à destination des jeunes, ce qui rejoint les attentes sur les équipements intergénérationnels. La plupart du temps, cette observation est associée à l’expression du vieillissement de la commune et au manque de lien social global.

L’autre point négatif qui touche le tissu associatif est le public destiné aux activités, trop replié sur les habitants du bourg et pas suffisamment ouvert à destination des visiteurs, de manière à proposer une offre attractive permettant de les retenir sur la commune, sachant qu’ils représentent un nombre non négligeable.

Le lien social produit par le commerce multiservice

Le commerce multiservice est un lieu fédérateur et indispensable à la vie de Castelnaud. Les jours d’affluence sont animés par un ensemble de populations diverses : les visiteurs de passage s’arrêtant déjeuner (les touristes en transit, les chauffeurs de poids lourds, les travailleurs en déplacement « pendulaire »), les castelnaudais habitués de différentes générations (les moins jeunes pour déjeuner, les jeunes pour boire un verre), les castelnaudais moins habitués faisant quelques courses d’appoint et les jeunes de communes voisines en fin d’après-midi pour se retrouver et discuter.
Les jours de concert, la plupart se retrouvent le soir. En effet, le commerce multiservice est représenté globalement comme un vecteur de lien social qui rassemble les castelnaudais.

Mais ce point de vue est quelque peu modéré par les populations arrivées plus récemment qui trouvent plus difficilement leur place au sein de différents groupes de «natifs» du bourg. Car paradoxalement, une fois constatée l’émulation générée par le seul commerce du bourg, le sentiment de dynamisme qu’il produit est rattrapé par l’expression générale d’un manque de lien social dans la commune.
Bien que ce point de vue semble exacerbé, il révèle la problématique globale du déficit d’activités dans le bourg, de loisirs, socioculturelles, sportives, etc., ainsi que le manque de relations intergénérationnelles, souvent exprimé au cours des entretiens.

L’installation de jeunes populations sur la commune

La commune voit aujourd’hui une nouvelle dynamique démographique s’installer, par l’arrivée de jeunes populations. Attirées par la présence de l’école et de la crèche, elles représentent le nouveau souffle du bourg, alors que beaucoup sont parties au cours des dernières années.
Le potentiel de cette nouvelle dynamique est à préserver et renforcer.

Limite marquée entre le lotissement et la bastide

La RN 21 représente une limite remarquable à différents titres. Au niveau spatial, comme évoqué précédemment, elle sépare la bastide du reste du bourg, généralement appelé le « lotissement » par raccourci.

Mais cette limite semble également sociale puisque les habitants des deux parties indiquent ne se rencontrer que très rarement. Par exemple, les repas de voisins se font au sein de chaque partie mais restent étanches.
Ce point est souvent relayé par les personnes interrogées, mis en lumière comme étant révélateur du manque de lien social de la commune et allant parfois jusqu’à produire un sentiment de ville « fantôme » ou de « cité dortoir ».

LA VIE SOCIALE - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

+

- Le dynamisme du tissu associatif existant


- Les évènements culturels, notamment mis en place par l’épicerie (fête de la musique, concerts, etc.)


- Les nombreux promeneurs qui sillonnent la commune


- L’installation de jeunes populations sur la commune

Problématiques / Faiblesses

-

- Le manque de lien social

 


- Le vieillissement de la commune
- La difficulté des jeunes à s’insérer dans le milieu associatif


- Le manque de projets rassembleurs, collectifs


- Le sentiment de ville « fantôme » procuré par la bastide


- La perception du bourg comme une « cité dortoir », particulièrement le lotissement


- Le manque de relations sociales entre les habitants de la bastide et des lotissements


- La « frontière » constituée par la RN21

CARTES DE DIAGNOSTIC

 
À l'échelle communale
Diag-commune-légende.jpg
ÉCHELLE COMMUNALE - BILAN DES POTENTIALITÉS ET DES PROBLÉMATIQUES
Potentialités / Atouts

+

- Le dynamisme du tissu associatif existant


- Les évènements culturels, notamment mis en place par l’épicerie (fête de la musique, concerts, etc.)


- Les nombreux promeneurs qui sillonnent la commune


- L’installation de jeunes populations sur la commune

Problématiques / Faiblesses

-

- Le manque de lien social

 


- Le vieillissement de la commune
- La difficulté des jeunes à s’insérer dans le milieu associatif


- Le manque de projets rassembleurs, collectifs


- Le sentiment de ville « fantôme » procuré par la bastide


- La perception du bourg comme une « cité dortoir », particulièrement le lotissement


- Le manque de relations sociales entre les habitants de la bastide et des lotissements


- La « frontière » constituée par la RN21

La bastide
Diag-bastide-légende.jpg
Castelnaud de Gratecambe, la belle endormie

Castelnaud de Gratecambe a peu de choses à envier à ses voisins. Le village dispose de nombreux atouts qui ne demandent qu’à être valorisés pour constituer un cadre de vie qui corresponde à ses besoins et ses envies. Son principal atout est sans doute l’affect généreux, fort et affirmé que ses habitants projettent sur lui, parfois « vicéral », comme certains se plaisent à le rappeler. Mais bien que l’attachement des castelnaudais soit resté le même, le village a traversé le temps et s’est transformé peu à peu, subissant les évolutions de la société sans prendre une direction choisie et assumée.

 


Au fil du temps, Castelnaud s’est peu à peu assoupi, fermant les yeux sur certaines évolutions peu souhaitables, mais restant suffisamment éveillé pour pouvoir se redresser en s’appuyant sur ses atouts et profiter de son potentiel d’évolution.
Le village s’est développé dans un environnement remarquable. Les paysages qui l’entourent sont de grande qualité, n’ayant subi aucune dégradation notable, facteur d’attractivité incontestable. À son origine, l’aménagement de la bastide s’est appuyé sur les caractéristiques locales du territoire, prévoyant son implantation de manière durable. Les éléments de patrimoine encore présents témoignent également du potentiel d’attractivité du village.


Mais les évolutions du contexte socio-économique global ont rendu les spécificités du village obsolètes, particulièrement en ce qui concerne l’architecture et le mode d’habiter qu’il propose. S’ajoute à cela l’action du temps, dégradant peu à peu l’aspect de certaines constructions aujourd’hui considérées comme délabrées, dont les façades enduites de béton font disparaître la pierre locale, un des symboles du lien au territoire.


D’autres symboles sont touchés, comme la transversalité des circulations nord-sud, les vues sur les paysages obstruées par la densification progressive du bâti et le libre développement de la végétation, ou encore l’utilisation des jardins du glacis, abandonnés pour la plupart. De plus, les actions de développement récentes, l’installation de l’usine Laparre, des lotissements résidentiels sur le plateau et plus récemment de la zone d’activités, ont partiellement rompu avec les logiques d’implantation territoriales, illustrant une dynamique d’étalement urbain notable, puisqu’elle a saturé presque totalement les surfaces constructibles disponibles.


Les espaces publics n’ont pas échappé à la dégradation, voyant la végétation disparaître de la bastide en grande partie et le sol couvert d’un revêtement imperméable. La connexion non traitée de la bastide au reste du village participe également à l’image d’une bastide oubliée et refermée sur elle-même. Il s’agit de la conséquence directe de l’aménagement des lotissements, qui a fait de la RN 21 une séparation au sein de la population castelnaudaise, plus qu’un facteur d’attractivité.

Ce tableau reste relativement classique au regard du contexte national. La problématique spécifique à Castelnaud tient finalement plus dans les représentations sociales que les habitants se font de leur cadre de vie. S’ils assombrissent considérablement le tableau, c’est avant tout par le regard exacerbé qu’ils portent sur le dynamisme du bourg. Si le manque d’action est mis en lumière de manière unanime, le dynamisme associatif existant l’est aussi. C’est la nature de l’offre associative qui est mise en cause, étant majoritairement destinée à un public adulte, voire de personnes âgées, alors qu’elle est quasi nulle à destination des jeunes. Mais en toute logique, la population vieillissant, l’offre se réduit au public présent. En conséquence, c’est la vie sociale qui est touchée, ne mettant que rarement en œuvre des actions collectives fédératrices permettant de rassembler toutes les générations et de valoriser les spécificités du village. Pourtant, la fête de la musique de Castelnaud, action encore largement fédératrice au sein du village, montre que le rassemblement de la population reste productif et génère de l’attractivité puisque l’événement est convoité par de nombreuses personnes des territoires alentours. 


Cela dit, la perte de dynamisme n’est pas seulement liée à un problème de dynamisme social et intergénérationnel. La question économique se pose également. En effet, le dynamisme du bourg est en déclin depuis la disparition des activités commerciales, artisanales et industrielles de la bastide, produisant un effet de « ville fantôme », comme certains l’expriment. Mais l’installation du commerce multiservice, le maintien de la crèche et de l’école ont été salvateurs pour Castelnaud. L’installation future d’un cabinet d’infirmière à proximité de la Mairie renforce le socle des activités et services essentiel à la vie d’un village.


De manière générale, l’aménagement du village a connu différentes étapes, répondant au coup par coup à des problématiques ou exploitant des potentialités sans en mesurer les répercussions (la bastide en est l’exemple même), sans envisager son développement de manière globale et durable. La conséquence est la perte de son dynamisme et la difficulté à trouver une cohérence d’ensemble lisible dans son paysage.

 


Pour conclure, bien que Castelnaud ait vu ses liens au territoire s’affaiblir au fil du temps, le village de Castelnaud a encore beaucoup d’atouts. Il s’agit aujourd’hui de faire des choix pour les valoriser au mieux et traiter les problématiques actuelles, d’adopter un projet de société, averti, assumé et cohérent avec le contexte global, pour réorienter son développement vers ce qu’elle souhaite soutenir et mettre en œuvre. Des choix à faire en matière d’économie, d’environnement et de social, qui pourront éventuellement se traduire par l’introduction de nouveaux équipements ou services et dans l’aménagement de son cadre de vie, dans les paysages castelnaudais.

 

ENJEUX

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Au regard du diagnostic, différents enjeux ont émergé, débattus puis validés et partagés au cours de l’atelier.

Les enjeux thématiques ont été regroupés spatialement, par secteurs définis selon la nature des enjeux et les perspectives d’actions qui s’offrent aujourd’hui.

DIAG-carto-enjeux.jpg

Les enjeux s’inscrivent au sein de deux grands registres.


Le premier, d’ordre matériel, spatialise les enjeux sur la carte située pages 56-57. Il s’agit par exemple de la valorisation des espaces publics de la bastide. Ils sont répartis selon quatre séquences :

 

1. Entrée dans la bastide

Affirmation de l’entrée de la bastide - Sécurisation de la liaison bastide / lotissement


2. De l’entrée à la place du puits carré

Conforter l’existant - Requalification de l’espace public


3. De la place du puits au moulin

Aération du tissu bâti - Perméabilités visuelles


4. La place de l’église

Restructuration de la place - Ouverture sur le paysage

 


Le second, d’ordre immatériel, concerne d’une part ce qui est relatif à l’activité économique et socioculturelle. Il s’agit par exemple de la définition d’une offre culturelle à destination des habitants et des visiteurs. Ce registre d’enjeu n’apparaît pas sur la carte puisque l’on ne peut pas le spatialiser, mais apparaît textuellement pages 54-55.

 

5.  Enjeux immatériels

Offre touristique et culturelle liée au territoire

 


Enfin, apparaissent des enjeux de préservation, enjeux transversaux à l’échelle du bourg.

 

6. À l’échelle du bourg

Préservation :
Les paysages environnants
L’écrin boisé du bourg
La ceinture de jardins

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De l’entrée à la place du puits carré
 

Mairie de Castelnaud de Gratecambe

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